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  • Photo du rédacteurAttika Lesire

Faire des bébés, ce truc has been


     Et si en Occident les punks étaient ceux qui contre vents et marées ne trouvaient rien de mieux à faire que des bébés ? 

Un processus qui commence par l'engagement. Le quoi ? Un mot difficile à prononcer pour la génération née après Mai 68.


Dans les années 70 Sid Vicious le vent en poupe clamait "Sapez leur autorité pompeuse, rejetez leurs normes morales, faites de l’anarchie et du désordre vos marques de fabrique. Causez autant de chaos et de perturbations que possible ", nous avons changé d'époque et le No future semble ne plus impressionner personne. Il y a une chose, logée entre l'écologie et la démographie, une seule chose que la modernité ne pardonnera pas, jamais :  être ringard. Faites absolument tout ce que vous voulez, mais par pitié, soyez modernes ! Alors quoi de plus difficilement compréhensible de nos jours que la notion d'espérance, la foi en l'existence de demain, tracer son chemin contre le courant qui promet stupeur et tremblement.

Les imperturbables dévots, les enthousiastes de la première heure, le glas a sonné : vous êtes regardés d'un oeil suspect.

Alors, si se tenir placide dans son désir d'être dans le monde sans se laisser avilir par le Nihilisme, croire en la vie et en une progéniture était devenu salutaire?


Théophile Gautier écrivait...

La Géorgienne indolente,

Avec son souple narguilhé,

Etalant sa hanche opulente,

Un pied sous l’autre replié.

Et comme l’odalisque d’Ingres,

De ses reins cambrant les rondeurs

En dépit des vertus malingres,

En dépit des maigres pudeurs!

[…]

Sa tête penche et se renverse

Haletante, dressant les seins,

Aux bras du rêve qui la berce,

Elle tombe sur ses coussins.

Ses paupières battent des ailes

Sur leurs globes d’argent bruni,

Et l’on voit monter ses prunelles

Dans la nacre de l’infini.”

Le poète qui écrit à partir de sa contemplation d’une femme. D'ailleurs celui-ci l'a baptisé dans son plus simple appareil Le poème de la Femme.


Le post-féminisme est parfaitement imbriqué dans une séquence temporelle luxuriante en terme de culte des minorités -Il n’y a qu’à voir leur multiplication extraordinaire, la complexification de leur organisation et tout ce qu’elles renferment de nomenclatures, genèse, revendication et structuration. Elles forment des familles de minorités, abritant elles-mêmes des micro minorités qui feront naître des nano minorités comme une poupée russe éternelle, une armée de camaïeu de spécificités qui se comportent comme l'eau et l'huile entre elles. Toujours le même constat : des entités qui commencent en farandole par une convergence des luttes pour finir par s’opposer férocement les unes les autres…

…Il est toujours amusant de noter notre précarité cognitive face au magicien agitant son chiffon à droite qui nous fait oublier le lapin à gauche.

Si l’on se retourne sur ce qui nous a précédé, au paléolithique déjà, on retrouve dans les grottes des symboles de féminité : triangles pelviens (la fameuse “vulve" qui n'a pas attendu Twitter pour être fétichisée) ou encore des profils fessiers.

La figuration de la femme et de la féminité est un leitmotiv historique. La femme au centre de la préoccupation créatrice, comme réceptacle premier à la peinture, à la littérature, au théâtre…

Jacques Halbronn, historien, parle d’ “Auto-créativité masculine” en opposition à la “procréation féminine”. La proposition a le mérite d’être efficace. Texte en intégralité ici : http://www.grande-conjonction.org/contenu@/sommaire15/auto.htm)


“L'anthropologie économique exige de dresser un inventaire des réalisations humaines et des moyens par lesquelles celles-ci ont été produites : l'arbre et ses fruits, la poule et l’œuf. Cela implique de déterminer de quelles potentialités nous héritons de par notre patrimoine génétique et de réfléchir sur une gestion optimale de celui-ci, tant à l'échelle individuelle et privée qu'à l'échelle collective et publique”

[…]

 “L'auto-créativité implique de percevoir le monde comme étant en mouvement, nullement rigide ou figé. Il ne s'agit donc pas de s'adapter au monde mais de le changer en se changeant, non pas en ignorant le monde mais en l'instrumentalisant, c'est à dire en lui conférant de nouvelles significations, quitte à évacuer les anciennes.”

[ …]

"Chez la femme, en revanche, l'approche du monde est plus statique: les choses sont ce qu'elles sont et il faut les prendre comme telles et il est bon, selon elle, de rappeler le passé car il nous détermine. "

[ …]

“Ce qui est frappant, c'est à quel point la femme est "envieuse" de ce qu'a ou de ce qu'est l'autre au lieu d'approfondir et de développer ce qu'elle a et ce qu'elle est. Il y a là un certain paradoxe chez la femme moderne: elle s'appuie en fait sur les "promesses" d'hier quand les sociétés occidentales se sont engagée à changer la société en oubliant que l'on ne peut pas changer les femmes si elles ne sont pas capables de se changer elles-mêmes. Or, les femmes ne sont pas parvenu à changer parce qu'elles ne sont pas programmées pour cela, c'est un enjeu qui se situe au niveau individuel, c'est à chaque individu qu'il importe de se transformer avant que le phénomène ne devienne collectif sur le long terme, au niveau de plusieurs générations. Il ne suffit pas que la société décide qu'il en sera ainsi.....


C'est ici que je vais apporter un peu de nuance en distinguant il faut bien leur concéder, le féminisme différentialiste qui a l'honnêteté intellectuelle de reconnaître les différences biologiques entre hommes et femmes contrairement à la plupart des autres courants actuels. Et c'est toujours rafraichissant au coeur de la discorde idéologique Nature (sèche et exclusive) contre Culture (construction sociale comme seuil et fin de tout)... Procédé qui ne fait que renforcer un peu plus l’envoutement narratif confortable dans lequel on se mue individuellement depuis un certain modèle. 


«Les femmes sont le terroir de l’espèce, corps d’accueil, mémoire et généalogie de la ressource humaine, du capital pensant, qu’elles renouvellent et restaurent, grossesse après grossesse, génération après génération, sens, à la fois direction et signification, de l’Histoire dans le futur.»

Antoinette Fouque



Par ailleurs on observe que si pendant la Révolution, l’importance de la fonction maternelle était la motivation officielle des femmes qui ont mené cette lutte, il semblerait que c’est aujourd’hui... l'argument inverse qui sert de porte-étendard. L’utilité de cette "raison de la majorité" disparaissant ... En clair jetez cet argument dont vous n'avons plus besoin, l'objectif est inchangé : croître. La toute-puissance n'est pas très loin. Une idéologie qui s’effondre sur elle-même à la manière d'un trou noir super-massif. 

Aujourd'hui on entend de plus en plus souvent des formules type “Nous ne sommes pas des machines à faires des bébés”.

Ou encore “Des êtres avant tout. Des femmes si on le souhaite. Des mères si on l’a choisi”.

Le post-féminisme semble vouloir muter comme alpha et oméga de la mesure de toute chose. Il ambitionne le pouvoir de vie ou de mort sur chaque objet du monde passant sous son scanner et le bruit qu'il trimballe lui confère une disharmonie capable d’absorber toutes les nuances environnantes. Le monde est divisé entre un Bien et un Mal, avec ou contre les féministes. Plus rien ne peut prospérer, vivoter à côté, sans passer devant le tribunal gynocentré, sous peine de flagellation sournoise au travers d’un jargon toujours plus codé, fossilisant hermétiquement la vie hors de cette région, cet autre bizarre, qui fini par ne plus susciter de lien, d'humain à humain, mais de communauté à communauté.


Et les hommes là-dedans ? Créatures de Dieu l’Architecte, ils se sont fait Architectes à leur tour. 

La recherche du beau et de l’harmonie par le biais féminin est la continuité de ce récit.

Des Venus de la Préhistoire à Néfertiti. De la Dame à la Licorne à la Vierge à l'Enfant.

L'homme, privé du pouvoir de porter l’enfant et de procréer à l’intérieur de ses entrailles, semble ne pas pouvoir s’empêcher  -c’est plus fort que lui que voulez vous- de chercher à semer et faire germer partout où il le peut, et par tous les moyens qui soient. J'espère ne pas finir brûlée pour l'avoir dit.

La virilité est par conséquent, peu, voire pas sujette à cette attention toute particulière qu'entretien le poète avec sa muse.

Lorsque la virilité comme vertu est célébrée, non seulement c'est par le biais du faire et non de l'être -son honneur, via son accomplissement-, mais c’est bien souvent par les hommes eux-même -modèle du guerrier, durant la Grèce Antique, associée à la maturité, la vigueur, du don de soi jusqu'au sacrifice.

Toujours est-il que si l’on prenait le féminisme au mot en suivant son logiciel de symétrie, la masculinité pourrait-elle vraiment être « toxique » puisque lorsqu'elle est conférée à la femme nouvelle elle ne semble pas l'être?  (Ici la publicité Gilette : https://www.youtube.com/watch?v=koPmuEyP3a0) Pourtant il n’est pas de bon ton de s’en émouvoir : faites des louanges de Spartacus, du bodybuiling ou de Buffalo Bill dans une réunion non mixte et observez votre accueil. C'est amusant lorsqu'on note que le féminisme moderne ne se prive absolument pas de la disparité de genre (Pro-sexe ou anti-prostitution, écoféminisme, féminisme intersectionnel, féminisme radical...) On aimerait donc comprendre pourquoi seuls aux hommes est réservé le sort d'être ainsi défini systématiquement par la négative / par ce qu'il ne faut PAS qu'il soit. Le shaming, c’est interdit, sauf en ce qui concerne de près ou de loin ce qui a à voir avec la masculinité ?


La reconnaissance, la valorisation de la virilité par une femme, elle-même créatrice de sa progéniture se fera aujourd'hui au dépend de son émancipation, de son intégrité, de son autonomie. (Ô, tristesse, ô pénurie, dans laquelle aimer l'autre revient obligatoirement à se détester soi-même).


Pour rappel, virilité provient du latin virtus. Il est intéressant de noter que ce mot est lui-même issu du mot vir (l’homme) : parler de « vertu virile » est donc, à certains égards, un pléonasme.

N'est-il pas utopique de croire que notre société moderne puisse s’exprimer à partir d’une forme de félicité créatrice (en lien immuable avec le passé, et donc le présent et le futur) pour remplir ses gâchettes de masculinité toxique et les distribuer comme si les mots n’avaient aucun impact sur le réel, sur le monde que l'on créé ?

Les mots impactent pourtant la réalité et le féminisme osera-t il lui-même dire le contraire, au premier rang pour recréer un langage, (écriture inclusive), en revalorisant l'utilisation du féminin (Autrice, écrivaine...), en débattant avec autant de gourmandise sur la sémantique ? Peut-être que le monde serait plus doux si l'on commençait par la manière dont on parlait à l'humanité de l'autre ?


Sur ce.


Mes Meilleurs Voeux.


Attika Lesire

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