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  • Photo du rédacteurAttika Lesire

Les jardins oubliés de l'Obéissance.


Pour cette rentrée, je rouvrirais le bal avec un recadrage qui m’a paru nécessaire. C’est lors d’une discussion hier avec une connaissance clôturée d'un "Je t’expliquerais de vive voix." que j’ai pensé que quoi de mieux finalement, à travers ce clin d’oeil, d’en faire profiter les autres en partageant ma réponse ici ?


Coïncidence, cela tombe au moment où je termine la lecture du petit ouvrage de Françoise Le Corre Les jardins oubliés de l’obéissance, d’à peine 150 pages, que je refermais alors avec une forme d’insouciance, oubliant sans doute à quel point à l’épreuve de notre siècle, évoquer la soumission suscite au mieux, la méfiance, au pire le mépris et la condamnation.

Le vocabulaire qui puise sa racine dans le monde spirituel, frotté au temps renvoie souvent à une forme matérielle altérée, et donc très souvent non comprise.


Dans la Genèse, lorsqu’au deuxième jour il y a séparation, le mot hébreu de la matrice porteuse de toute la Création se dit Maim¹, avec ce principe que le monde matériel "Ma", le signifiant est l’image d’un archétype du monde de "Mi" (les eaux d’en hauts, le monde spirituel), le signifié.

Les mots souffrent de leur érosion : cette dernière tend systématiquement davantage vers le tout pour la partie, que la partie pour le tout. C'est le processus d'appauvrissement de la langue.

Les mots, de polysémiques et riches, deviennent alors de plus en plus monosémiques, s’éloignant chaque jour un peu plus du "Mi".


Du latin submittere = mettre sous, la soumission aujourd’hui ne renvoie plus que jamais à sa parcellisation dans son aspect le plus utilitaire et matérialiste, et non à sa pleine définition.

Françoise Le Corre s’interroge « Comment avons-nous pu oublier à ce point les jardins, la patience des engagements, le sérieux de la politique, l’essentiel de la religion, la force des croyances, l’assise de la famille ? Comment le dévorant souci de soi a-t-il pu à ce point s’emparer des consciences ? »

Une affirmation dans la lettre aux Éphésiens de Paul est un exemple de ce qui peut susciter l’incompréhension la plus totale lorsque le texte n'est pas pris en entier. " Vous qui craignez le Christ, soumettez-vous les uns aux autres ; femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur." (Texte en fin de page)

A travers des normes privilégiées par le Créateur qui nous poussent à interagir avec Lui au sein de la création, c’est l’accession même à ses desseins qu’il trace. Or :

  • autorité n’est pas synonyme de supériorité.

  • la soumission n’est pas synonyme d’infériorité.

  • L’autorité et la soumission sont toutes deux volontaires et s’exaltent mutuellement, et c’est probablement le point le plus important qu’il faut rappeler : il s’agit d’une respiration. L’une n’est possible sans l’autre.

Qui aujourd’hui, va sourciller devant ces kilomètres d’articles issus de magazines féminins qui s’adonnent à vanter la soumission lorsqu’il s’agit de jeu, et plus précisément à travers la sexualité ? Il y a là une forme d'hypocrisie. Qui aujourd'hui n'acolle pas la soumission à l’autorité despotique -réelle entendons-nous bien-, qu’elle soit le fruit des prédations géopolitiques, sociales, à la loi du marché, réduisant l’homme à l’état d’objet et lui arrachant tout libre-arbitre ?

Le concept moderne de soumission voit en effet deux niveaux de lecture bien distincts, qui s’éloignent alors de toute sa profondeur substantielle :

  • Une soumission utilisée à des fins jubilatoires et immédiates.

    • Une soumission qui passe par la désagrégation et obtenue seulement sous la contrainte, la peur, la force, un autoritarisme dénué de sagesse.

Entendez là, "asservissement", "assujettissement". D’ailleurs le problème vient précisément de ce point là : dans cette seconde acception puisqu’elle n’est profitable qu’AU détenteur de l’autorité, alors oui, nous avons bien affaire au côté sombre et purement sacrifiel de la soumission. La différence entre la soumission au Seigneur et la soumission aux autres être humains, est que cette dernière n'est pas absolue. Elle s'arrête précisément lorsqu'elle contrevient à l'estime ou au Bien.

Elle ne doit pas être confondue avec la résignation, vertu purement stoïcienne.

Elle est en ce sens, magnifique.


Il faut reconnaître que la vertu appelant la vertu, il est difficile de nos jours de rendre celle de la soumission pleinement vivante et active, de la porter, puisque celle-ci se retrouve le plus souvent à servir l'égoïsme, ne permettant pas d'accéder à toute la beauté que peut représenter la soumission dans l'Espérance.

Ce qui demeure, c'est que l'on pourra jouer avec et modifier autant qu'on le souhaite le génome humain, la soumission est un état de nature. Nous naissons soumis de par notre condition, au berceau nous sommes vulnérables. Nous mourrons vulnérables. Entre les deux, il y a la vie, jalonnée du lien. Plus la tâche est difficile plus elle est salutaire.


C'était court pour une fois, mais j'aimerais m'adonner -afin de poster plus souvent- à essayer la concision.


Bonne journée à toutes et à tous. _________________________________________________________________________________________

¹ : (traduction A. de Souzenelle)

- « Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! Si l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari. Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré pour elle ; (…) C’est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même ».

- Françoise Le Corre Les jardins oubliés de l’obéissance,

- https://www.levangile.com/Dictionnaire-Biblique/Definition-Westphal-4945-Soumission.htm

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