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  • Photo du rédacteurAttika Lesire

Ted Chiang : la science fiction n'a pas besoin d'être dystopique.


La combinaison imagination et intelligence est suffisamment rare pour nous laisser un goût onctueux au palais. Mais le caviar suprême du créateur de fiction c'est lorsqu'à cela s'ajoute l'audace de ne pas aller se ruer lâchement dans le vortex du tragique, surexploité de nos jours. J'ai été sidérée de découvrir les sujets de documentaires que la plateforme Netlfix proposait. Un porn sordide-fin-des-temps post littéraire où Camus = lait de soja. L'élan vital ressemble à la pointe d'un joli nez, ce truc bourré de charme qui est pourtant devant nos yeux et qu'on apprend à aimer plus qu'il nous y oblige.

(Re)-ce-voir.



Et si la structure du monde était en forme de cylindre sigillaire ? Ainsi, lorsque des hommes décident de bâtir une tour pour atteindre le ciel, l'improbable se produit. L'auteur Ted Chiang revisite ainsi la Tour de Babel, qui sera ici la Tour de Babylone. C'est notamment sa nouvelle L'histoire de ta Vie qui a été adaptée au cinéma dans Premier Contact (Denis Villeneuve), vous souvenez-vous ?


Je digresse exprès : nos vies fractionnées se passent de plus en plus des longues histoires. On a trouvé la solution, l'un dans l'autre, c'est en fractionnant toujours plus que l'on a redécouvert le temps long. L'arrivée des séries à la demande coïncide alors parfaitement avec l'illusion que l'on est capable de patience. Mais on peut y aller à la scie électrique, la quantité n'est pas la qualité, et qualitativement, notre rapport au temps a bel et bien changé.


Tout ça pour arriver au point que je lis moins qu'avant. Et parce-que j'ai senti ce que je perdais, je lutte grâce aux nouvelles. Et je retrouve le goût. Peu à peu, je parviens à revenir à des histoires de plus en plus longues.


La suite n'intéressera que ceux qui ont lu la Tour de Babylone.


Si en terminant le texte vous aviez du mal à vous figurer la structure du monde imaginé par Ted Chiang, sachez que dans sa tête à lui, tout est parfaitement structuré. J'ai retrouvé un schéma qui permet de mieux comprendre la trajectoire du héros de l'épopée, Hillalum. La terre est en forme de cylindre -une "coupe" dans l'univers- crée par Dieu. La tour correspond au filament blanc, qui n'est donc pas tout à fait droite, puisqu'elle s'inscrit dans la courbure spatiale qui la fait revenir sur elle-même. L'univers est donc ici fini (théorie de l'univers fini de Friedmann, qui s'oppose à celle de l'univers en expansion). La noyade et la chute d'Hillalum correspondent au haut du cercle, son tour complet pour revenir au cylindre.



























J'ai juste trouvé que ce dessin était une belle trouvaille et je voulais vous le partager.

Et j'en profite pour vous recommander d'user et abuser des nouvelles si vous voulez (re)devenir ami avec la littérature.



Attika Lesire





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